Je passe mes journées à voir valser lentement les tortues et à boire du thé sans sucre. C'est vachement bon. Doux et âcre à la fois, une opposition de volupté et de rudesse. J'aime bien. J'ai toujours une obsessionelle envie de faire des photos, je deviens folle avec ça. Mon père m'a proposer d'être critique de Rock. J'ai riposté direct en disant que jamais, ô grand jamais, je ne travaillerai dans les médias. Je voulais être photographe, point. Il m'a alors dit "Ben photographe de Rock alors!", et la j'ai répondu que non, bordel, je voulais faire des photos artistiques, belles, avec un sens caché, un sens du détail, du contraste, de l'opposition entre le noir, le blanc et le rouge. Que ce serait ça, ma spécialité, les contrastes entre le noir, le blanc et le rouge. Et il m'a dit "mais c'est artistique, les photos de rock!". Et là j'ai bondi du canapé ou je comattais dans mes rêves fiévreux de noirs, de blanc et de rouge. J'ai crier que, oui, je prendrais des rockeurs en photos, mais que je les prendrais dans les nombreux contrastes du noir, du blanc et du rouge. Que je ferais ressortir leur véritable personalité à travers mes clichés. Qu'il fallait avoir un regard d'enfant pour faire des photos comme ça, un regard qui sens la profonde nature des gens, qui les voit tels qu'ils sont vraiment. Il m'a dit "oui, oui..." et a continuer d'éplucher les patates. Moi, j'ai continuer, j'ai dit que je prendrais LB. en photo, sous tous les angles, sous toutes les coutures. Que je serais toujours là quand il s'y attend le moins. Je montrerais les contrastes entre son noir, son blanc et son rouge. Que ce sera moi qui aurais les plus beau clichés de LB., parce qu'il faut le voir comme moi je le vois pour en faire les plus belles photos, pour capter l'émotion, la vrai, dans ses yeux, et pour l'imobiliser à jamais. Que je ferais comme pour Marilyn, je l'enfermerais dans une chambre d'hotel, je lui ferais boire du champagne, juste assez pour briser la coquille. Je sais pas si j'en aurais vraiment besoin, mais j'aime bien. Et là je le mitraillerais, jusqu'à l'user tellement je l'aurais flashé. Je ferais les plus belle photo de lui. Et les clichés, je les garderais. Je les montrerais à personne. Ce sera Mon Grand Secret. Et puis j'aurais l'impression d'avoir la plus grande fortune du monde, parce que qu'est-ce qu'il y a de plus beau que de voir les gens s'ouvrir à vous comme ça, de les voir juste eux, sans rien autour, juste eux, de voir leur âme transpiré de leur corps parce qu'ils ont brisés la dernière barrière? La plus riche fortune du monde c'est ça, l'âme de LB. Et puis, là, à ce moment précis, je pourrais mourir.